Comment je me suis sortie du téléphone rose...

Tel rose sans attente

Je m'appelle Monique et j'ai 65 ans. Quand j'ai commencé à travailler dans la région de Tourcoing, comme je n'avais pas fait d'études, j'ai été postuler à l'usine. J'ai tout de suite été embauchée. Mon salaire était vraiment faible et mon travail très fatiguant. Il fallait que je trouve une solution. Dans un journal local, je suis tombée totalement par hasard sur une petite annonce de recrutement d'hôtesses. Comme j'étais plutôt jolie je me suis dit que j'avais mes chances. Lors de l'entretien, un homme m'a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'accueillir des gens mais de réceptionner des "appels". En quelques minutes j'avais tout compris. L'homme cherchait des hôtesses pour répondre au tel rose sans attente.

Le tel rose, une opportunité professionnelle

Le salaire que l'on m'a proposé était intéressant. Et surtout je pouvais travailler de chez moi grâce à une ligne de téléphone que la société était venue installer à mon domicile. Au début je ne travaillais que trois heures par jour. En quelques semaines j'ai augmenté la cadence pour arriver à une dizaine d'heures de travail par jour.  C'est alors que j'ai commencé à très bien gagner ma vie. J'ai travaillé pour le téléphone rose pendant près de 30 ans. Et ce, au détriment de ma vie personnelle car aucun homme n'acceptait ce travail. Je n'ai donc pas été mariée et je n'ai donc pas eu d'enfant. Je réalise aujourd'hui que j'ai mis ma vie personnelle de côté au profit de l'argent facile que je pouvais gagner au téléphone rose. Il y a quatre ans, j'ai commencé une grave dépression nerveuse. J'ai commencé une psychothérapie et j'ai changé de métier. J'ai été recrutée dans une entreprise de confection. Aujourd'hui je suis toujours suivie par mon thérapeute même si je suis à la retraite. Désormais,  je me consacre à ma véritable passion, la couture !

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